
“Un trésor de nature et d’histoire”
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« Il y a plus de 700 ans, un moine du
nom de Nichiren Shonin, avant de s’installer sur le mont
Minobu, parcoura la région tout en enseignant les Sutra
du Lotus. Cependant, une femme nommée Keicho, qui avait
d’autres croyances que Nichiren Shonin et qui vouait une
haine profonde envers le moine, complota avec une amie du nom
de Hoki pour l’assassiner. Un jour d’automne, les
deux femmes préparèrent des ohagi* remplis de poison
et les portèrent jusqu’à la retraite de Nichiren
Shonin qui les accueilla avec joie. Il s’assit avec les
deux femmes pour manger avec elles lorsqu’un chien blanc
surgit de nul part et commenca à aboyer contre le ohagi
que Nichiren tenait entre ses mains. Nichiren donna alors le ohagi
au chien qui le dévora et mourut sur le coup. Les deux
femmes, choquées par leur acte, dirent à Nichiren
: « Nous ne devons jamais refaire ce genre de choses. Prenez-nous
s’il vous plait comme disciple .» Puis Nichiren leur
donna des noms bouddhiques et en fit ses disciples.
Une tombe fut aménagée sur les terres du temple
Jotaku-ji en la mémoire du chien blanc qui avait prit la
place de Nichiren Shonin. Pour marquer l’emplacement de
la tombe, Nichiren prit sa canne faite avec le bois de l’arbre
gingko et la planta à l’envers dans la terre. »
L’histoire de « l’arbre gingko à l’envers
du temple Jotaku-ji » n’est qu’une des nombreuses
histoires concernant Nichiren Shonin, le plus fameux des anciens
résidents de Minobu, fondateur de la secte bouddhique Nichiren.
Nichiren découvrit Minobu pour la première fois
en 1274, date à laquelle il bâtit le temple Kuonji
sur les pentes du mont Minobu. Il y enseigna sa doctrine pendant
9 ans, sans jamais descendre de la montagne sacrée, jusqu’à
ce que la maladie le pousse à partir vers Hitachi no kuni
(actuel département d’Ibaraki) pour trouver un traitement.
Cependant, il mourut avant d’atteindre sa destination, et
sa dépouille fut rapportée à Minobu afin
que son corps et son esprit soient réunis. De nos jours,
le temple Kuonji est devenue la destination de nombreux voyageurs
: disciples de Nichiren en quête d’une meilleure compréhension
de son enseignement, touristes curieux à la recherche du
« vieux Japon» et d’architecture traditionnelle,
et enfin ceux qui apprécient simplement le lieu pour sa
beauté naturelle, son atmosphère solennelle et sa
sérénité.
Pour accéder au temple Kuonji, il faut d’abord entrer
dans le mont Minobu par la porte So-mon. Une fois passée
cette porte, les visiteurs peuvent contempler une pierre où
Nichiren se serait assit il y a plus de 700 ans. Le temple se
trouve alors un peu plus loin, après la grande porte San-mon
et les 287 marches de pierre qui gravissent les 104 mètres
restant jusqu’au bâtiment principal. Cette dernière
étape sur la route de Kuonji vous emmène vers une
forêt de cèdres japonais connue sous le nom de Bodaitei,
ou « marches vers la lumière ». Au sous-sol
du bâtiment principal, les visiteurs peuvent admirer de
précieuses reliques bouddhiques. Les annexes du temple,
bien que moins connues, abritent des bâtiments tout aussi
impressionnants. Compte tenue de son importance, le temple est
le centre de cérémonies bouddhiques tout au long
de l’année. La plus belle saison pour se rendre à Kuonji
est certainement le printemps, lorsque la montagne est recouverte
du rose pale des sidarezakura (cerisiers japonais).
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Malgré le rôle
central du temple Kuonji dans l’histoire de Minobu, on comprend
vite avec un peu d’exploration qu’il y a aussi beaucoup
d’autres choses à voir dans la ville, et nul besoin
de s’écarter bien loin du temple pour celà.
A quelques pas du temple se trouve le féniculaire du mont
Minobu, qui gravit les 763 mètres restant jusqu’au
sommet en 7 minutes. Nichiren Shonin a bâti au sommet du
mont Minobu le temple Okunoin en mémoire de ses parents.
Les visiteurs qui vont jusqu’à Okunoin sont récompensés
par une magnifique vue panoramique à 360 degrés
embrassant la ville de Minobu, la rivière Fujikawa qui
se fraye un chemin dans la vallée en contrebas, le pic
voisin du Shichimanzen, le mont Fuji et la distante chaine des
Alpes du sud. La vue la plus spectaculaire est cependant au lever
du jour, lorsque le soleil émerge à l’arrière
du mont Fuji et illumine temporairement le sommet. Ce spectacle
est connue sous le nom de « Fuji de diamant ».
Entre la porte So-mon du mont Minobu et la porte San-mon qui
mène
au temple Kuonji se trouve Monzen-machi, une rue d’un kilomètre
de long comportant de nombreux magasins de souvenirs, cafés-restaurants
et pensions de famille. C’est aussi dans cette rue qu’il
est possible d’acheter deux des spécialités
les plus célèbres de Minobu : le yuba et le nanten.
Yuba, une sorte de tofu, est fait à Minobu depuis l’époque
de Nichiren. Aujourd’hui, Minobu est la seule ville de Yamanashi
à perpétuer la tradition du yuba. Les graines de
soja sont trempées dans l’eau, moulues et traitées
à de hautes températures avant de reposer. Le secret
du processus de fabrication recèle dans des tranches ultrafines
de tofu au goût délicat et unique. Le nanten, l’autre
spécialité de Minobu, provient d’un buisson
sur lequel fleurit des baies rouges en hiver. Ces baies sont utilisées
dans la fabrication d’un vin rosé, le vin de Nanten,
et sont aussi utilisées traditionnellement contre les
rhumes.
Les enthousiastes du shopping apprécieront aussi shonin-dori,
le quartier commerçant à coté de la gare
de Minobu. Célèbre comme quartier historique mais
moderne, il a été reconstruit avec soin afin d’en
conserver l’uniformité et l’atmosphère
historique. Tous les magasins ont des toits de tuiles traditionnelles,
avec le sceau de l’architecte sur leurs bords. Mais peut-être
que le detail le plus authentique, et la plus grande différence
avec le reste du Japon, est le ciel. En effet, le ciel de Shonin-dori
est dénué des sempiternelles fils électriques
et téléphoniques, qui ont tous été
enterrés. Les week-ends et jours fériés,
des pousses-pousse sont disponibles pour faire le tour de la
ville.
Ohagi : boule de riz couverte de pâte d’haricot.
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