Inden-artisanat traditionnel de Yamanashi
« Nous teintons le cuir en utilisant des colorants alors que les japonais modifient habilement les couleurs grâce à la fumée de paille » tels sont les mots d’admiration prononcés par le missionnaire portugais Luis Foris en visite au Japon il y a 400 ans de cela. Au même titre que la taille des pierres précieuses et la culture du vin, l’Inden, objet en cuir de daim laqué, est un symbole de l’artisanat traditionnel de Yamanashi. Très populaire depuis la période des guerres intestines, l’Inden a su préserver ses traditions et a même reçu le titre d’ " Artisanat national traditionnel".
A l’origine l’Inden aurait été introduit au Japon depuis l’Inde et expliquerait les racines du mot qui s’écrit à l’aide du caractère " In " () signifiant " Inde " et du caractère " Den " () signifiant " être transmis ". La légende raconte que l’Inden serait apparu la première fois au 16ème siècle ou il aurait servi d’ offrande à un seigneur de guerre. La peau de daim, présumée dure mais aussi souple que la peau humaine, fut d’abord utilisée sur l’armure des soldats mais c’est à partir de la période Edo (1603-1867) que les gens du peuple commencèrent à l’utiliser au quotidien en tant que fourreau à tabac, porte-monnaie ou sacs. Yamanashi, région montagneuse ou les daims étaient nombreux et la laque facile à obtenir, devint rapidement un lieu propice à la fabrication de l’Inden. Selon le magasin "Inden-ya" établissement fondé à Yamanashi depuis le 17ème siècle, les 3 techniques principales à l’élaboration de l’Inden sont la "technique de fumage", la "technique Sarasa" et la "technique de laquage".

La technique de fumage consiste à fixer les morceaux de peau de daim sur un immense rouleau qui sera tourné au-dessus d’un feu de paille par l’artisan jusqu’à ce que la peau brunisse et prenne la teinte désirée.

La technique Sarasa quant à elle, ajoute plusieurs couches de couleurs sur une peau de daim déjà teintée, le produit fini arborant alors une harmonie parfaite. Cette technique se dénomme ainsi car le motif ressemble à un motif indien du même nom formé de nombreux petits points. Enfin pour la technique de laquage l’on utilise une planche à motif que l’on applique sur la peau de daim, et que l’on recouvre de laque à l’aide d’un pinceau. Cet acte délicat requiert un savoir et une expérience qui ne s’acquièrent qu’après de nombreuses années de pratique.
L’Inden compte une multitude de différents motifs, le magasin " Inden-ya " à lui seul en a produit plus de 500, mais le plus populaire est certainement la " libellule ". Les libellules ne montrent pas seulement de la bravoure et de la férocité au combat, leur constante attitude à aller de l’avant leur a valu le surnom d’ " insectes de la victoire " et ont été par conséquent utilisées sur les casques des guerriers en tant que symbole de victoire. La souplesse de la peau de daim associée à un superbe travail artisanal ont fait de l’Inden un objet unique, dont la popularité dépasse les frontières du Japon et participe à faire connaitre Yamanashi dans le monde entier.

 

 

Par Yi-Mei Lee

 

 


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